Pourquoi la plupart des changements de plateforme de marque échouent ?
Les changements de plateforme de marque sont rarement pris à la légère.
Ils mobilisent du temps, de l’énergie, des équipes dirigeantes, parfois des budgets conséquents.
Et pourtant, dans de nombreuses entreprises, le constat est le même.
Sur le papier, tout semblait parfaitement aligné :
- des interviews riches avec les dirigeants et les équipes opérationnelles,
- une analyse approfondie de l’histoire de l’entreprise, de son business et de sa roadmap,
- un modèle de réflexion pertinent comme le Blason,
- un workshop d’alignement enthousiasmant,
- une recommandation stratégique claire, synthétisée en une ligne forte,
- un manifesto inspirant, parfois même émouvant.
Puis le temps passe.
Six mois plus tard, rien n’a vraiment changé.
Un an plus tard, toujours rien.
Deux ans plus tard, la plateforme de marque dort dans un dossier partagé.
Le faux sentiment de travail accompli
Dans beaucoup d’organisations, la plateforme de marque est traitée comme un livrable final.
- un PDF envoyé par email,
- une présentation commentée en comité de direction,
- une nouvelle signature dévoilée en affichage ou en campagne.
Tout cela donne l’impression que le travail est terminé.
En réalité, il ne fait que commencer.
Le vrai problème : la stratégie ne redescend pas dans l’entreprise
Chez acracy, nous observons que la majorité des plateformes de marque échouent pour une raison simple :
elles ne sont jamais traduites en systèmes concrets, utilisables au quotidien.
La valeur d’une stratégie de marque ne se révèle pas dans une phrase bien formulée,
mais dans sa capacité à infuser dans tous les interstices de l’organisation.
Or c’est précisément là que les choses se grippent.
Là où la plateforme de marque devrait réellement s’appliquer
💼 Sur les supports commerciaux
Scripts de vente, templates d’emails, signatures, propositions commerciales, devis, plaquettes, leaflets.
Si les commerciaux continuent à vendre avec les anciens arguments et les anciens mots,
la plateforme de marque reste théorique.
🎁 Dans le storytelling de l’offre
Fiches produits, descriptions de services, packaging, FAQ, naming des fonctionnalités.
Une marque se vit autant dans ce qu’elle promet que dans la façon dont elle structure et raconte ses offres.
📣 Dans les relations presse et la prise de parole externe
Interviews, podcasts, tribunes, dossiers de presse.
Sans éléments de langage clairs et partagés, chaque prise de parole devient une interprétation personnelle de la stratégie.
⭐ Dans le personal branding des dirigeants
Bio LinkedIn, bannières, descriptions de profil, contenus publiés.
Quand la parole des dirigeants ne reflète pas la plateforme de marque, le signal envoyé à l’extérieur est brouillé.
💻 Sur le site de la marque
Page d’accueil, page À propos, pages produits, blog.
Le site est souvent l’endroit où l’écart entre la stratégie formulée et la réalité perçue est le plus visible.
🤝 Dans le recrutement et l’onboarding
Fiches de poste, pages carrières, contenus d’onboarding, documents de culture interne.
Une marque qui n’est pas incarnée dès l’arrivée des nouveaux collaborateurs a peu de chances de s’ancrer durablement.
🏦 Dans la communication interne au quotidien
Emails internes, signalétique, noms des salles de réunion, supports managériaux.
Ce sont souvent ces détails, invisibles de l’extérieur, qui font réellement exister une marque en interne.
Le véritable écueil : sous-estimer le travail d’implémentation
Pour les CMO d’entreprises de 100 à 1000 salariés, ce point est particulièrement critique.
Les équipes sont suffisamment grandes pour que la cohérence ne soit plus naturelle,
mais pas assez pour disposer de couches intermédiaires dédiées à l’implémentation de la stratégie.
Résultat :
- la plateforme de marque est connue d’un petit cercle,
- mais reste abstraite pour le reste de l’organisation,
- et n’influence que marginalement les décisions opérationnelles.
Une plateforme de marque n’est pas un livrable, c’est un système
Une plateforme de marque utile n’est pas seulement inspirante.
Elle est opérationnelle.
Elle doit permettre à chaque équipe de répondre à des questions très concrètes :
- comment écrire cet email ?
- comment formuler cette offre ?
- comment présenter ce service ?
- comment recruter ce profil ?
- comment prendre la parole publiquement ?
Sans cette traduction systématique, la stratégie reste décorative.
En vrai de vrai : jusqu’où va-t-on vraiment ?
La question n’est donc pas :
Avons-nous une plateforme de marque ?
Mais plutôt :
Jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour l’appliquer dans le moindre détail ?
Car ce sont rarement les intentions stratégiques qui manquent.
Ce sont la rigueur, le temps et la méthode pour les faire vivre durablement.
En résumé
- La plupart des plateformes de marque échouent non pas à cause de la stratégie, mais de son implémentation
- Un PDF, un manifesto ou une signature ne transforment rien seuls
- La marque se construit dans les usages quotidiens, pas dans les slides
- Pour les CMO de PME, ETI et scale-ups, l’enjeu est moins de formuler que de déployer